DE LA VILLE DE PARIS.
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du Roy portans permission ausd, gens d'Eglise de alliener avecq l'authorisation de nostre Sainct Pere le Pape, de monsr le Legat et esmologation des Cours, l'on ne peult faire responce ne resolution, mais veues les lettres telles que dessus, pour le service et se­cours du Roy, faictes toutes dilligences de luy faire fournir de gré à gré deniers sur la seuretté, telle qu'elle sera advisée.
Et quant à la requeste presentée au Roy par lesd, marchans et habitans de Paris'1', que l'on doibt faire en dilligence perquisition par toutes les maisons de la Ville et faulxbourgs, et sçavoir quelles forces il y a tant d'hommes que d'armes, sçavoir es hostelle-ryes et aultres maisons quelles gens il y a logez, oultre les domesticques, le tout mettre par escript fidellement, et faire la recherche depuis la cave jusques au grenier sans faire bruict ny scandalle.
Et où il se trouverra munitions de guerre ou armes en plus grande quantité, estat, qualité ou condition de ceulx qui en seront trouvez saisyz, ne requiert qu'ilz en seront dessaisyz, et leur en sera delaissé ce qu'il leur cn sera besoing que pour la def­fences de leurs personnes et vies, et ce en la pre­sence du Quartenier, appellez quatre bourgeois, gens paisibles, discretz; et que en chascun quartier l'on pourra eslire ung cappitaine pour conduire les gens du quartier, lequel n'aura nulle auctorité que soubz les Prevost des Marchans et Eschevins, ausquelz il sera tenu obeyr, et à celle fin seront obtenues lettres patentes du Roy, qui seront veriffiées et enregistrées
en la Court'2), et que les marchans seront admo­nestez de ne presenter requeste au Roy concernant l'estat de la Ville, ains de leurs adresser au Bureau de lad. Ville pour faire leurs remonstrances, si aul­cunes en ont à faire, pour estre présentées par Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins au Roy et ;\ Mess™ de son Conseil privé, si par eulx et le Conseil de la Ville il est advisé que ainsi se doibve faire.
Et aussi sur ce que led. Prevost des Marchans a proposé à la compaigiiye que la Royne l'avoict pryé quc l'on fist joyr me Robert de Beauvais de l'estat de Conterolleur qu'il excerçoyt par cy devant, a esté ad­visé que l'on se tiendroict à ce que en auroyt esté deliberé par troys ou quatre assemblées précédantes.
Après que monsr le Prevost des Marchans a pro­posé à lad. compaignyc certaine requeste presentée au Roy par plusieurs marchans delad. Ville et decrettée au Conseil privé du Roy, esmologuée par la Court dc Parlement, dont lecture a esté commancée, mais pour ce que mess™ les Procureur ct Recepveur de lad. Ville estoient'3' presans, a esté advisé qu'ilz sc retire-roient au petit Bureau ; cc faict, a esté déliberé que dorsnavant ilz pourront estre presens aux proposi­tions qui sc feront au Conseil de lad. Ville, mais quand on viendra à oppiner, qu'ilz se retireront hors dud. Conseil. Ce faict, a esté proposé le faict desd, trois cens mil livres tournois, et la mathierc mise en deliberation.
d' Los habitants de Paris présentèrent simultanément au Roi et à son Conseil privé deux requêtes, dont la teneur fut insérée au registre des Ordonnances. (Archives nationales, X1" 8624 , fol. 25o v°, 252 r°.) Dans la première, ils exposaient que les religionnaires, dont l'audace ne connaissait plus de bornes, venaient de placarder dans Paris des libelles diffamatoires contre le Roi, la Reine-Mère et les princes du sang; aussi, afin de déjouer toutes tentatives hostiles contre la capitale et d'empêcher l'introduction «dc vollours, bri-gandz, vacabonds et inutiles qui, soubz le pretexte des dissentions qui s'offrent, ne desireroient rien plus que de piller une telle villeu, ils sollicitaient la permission d'arrêter les huguenots notoirement scandaleux et mutins, de désarmer les moins compromis, de metlre leurs armes en lieu sûr et de faire une visite en règle de leurs maisons, où il leur serait absolument intordit de loger autres gens (pie leurs serviteurs; le Roi, suivant délibération de son Conseil, auquel assistaient la Reine-Mère, le roi de N.ivarre, le cardinal de Guise, les ducs de Guise, d'Aumale, le connétable de France et nombre de personnages, accéda, le 2 mai, au désir exprimé dans cette requête, à condition que la recherche des armes serait faite par le commissaire du quartier, assisté de quatre notables bourgeois, sans scandale et sans pillage des maisons. Aux termes do la seconde requête qui fut également prise on considération, les habitants de la capitale demandaient l'autorisation de dresser par Dizaine les rôles des individus cn état de porter les armes et de procéder à l'élection de leurs capitaines. Comme ces requêtes avaient été présentées à l'insu des officiers de la Ville, le Prévôt des Marchands fit quelque difficulté de mettre à exécution, sans un avis favorable du Parlement, los mandements royaux rendus en conséquence; la Cour renvoya, le 8 mai, le chefde la municipalité parisienne au Roi et à son Conseil, pour être fixé à cet égard; le lendemain, les commissaires au Châtelet et le lieutenant civil de la Prévoté recevaient l'ordre de faire exécuter sans délai les dispositions relatives à la recherche des armes et visite des maisons. (Archives nationales, Parlement de Paris, X'° 1601, fol. 201 v°, 20O r°.)
<2' Par lettres patentes du 17 mai 1562 enregistrées au Parlement le 22 mai, les Prévôt des Marchands et Echevins furent auto­risés à établir dans chaque quartier un certain nombre de capitaines chargés d'organiser les Dizaines, do pourvoir à l'équipement cies hourgeois, de faire les montres et revues et de prendre loules les mesures concernant la sûreté dc la capitale sous la haute direction du roi de Navarre. (Arc4it.es nationales, Parlement de Paris, X10 8624, lol. 277 r°.) D'après le Journal de l'année 106a (Revue rétrospective, 1 "série, t. V, p. io4), les Parisiens s'assemblèrent le 11 mai dans leurs quartiers pour élire les capitaines et lieutenants.
O Le Registre porte : estans.
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